Notions de logique : Cours
Ce cours présente les bases de la logique mathématique : propositions, négation, conjonction et disjonction, avec leurs tables de vérité. Il aborde ensuite les quantificateurs universel et existentiel, l'implication, l'équivalence, ainsi que les lois de De Morgan. Enfin, il détaille les principaux types de raisonnement mathématique (déduction, contraposée, absurde, contre-exemple, équivalences successives, disjonction des cas, récurrence), illustrés par des exemples résolus.
I. Propositions et opérations
1. Proposition
Définition
On appelle proposition tout énoncé mathématique qui a un sens et qui peut être soit vrai, soit faux (mais pas les deux à la fois). On la note souvent \(P\), \(Q\), \(R\)...
Exemples
- « Pour tout \(x \in \mathbb{R}\), on a \(x^2 \ge 0\) »
- « \(2 + 2 = 5\) »
- « \(\frac{1}{2} \in \mathbb{N}\) »
- « \(\pi \in \mathbb{Q}\) »
- « 16 est le carré de 3 »
Définition
Une valeur de vérité est une valeur attribuée à chaque proposition logique, qu'on représente dans un tableau — appelé table de vérité — par V (ou 1) pour Vrai, et par F (or 0) pour Faux.
Exemples
-
Table de vérité d'une proposition \(P\) :
\(P\) V F - La proposition : « 16 est le carré de 3 » est fausse. On dit que sa valeur de vérité est F (ou 0).
2. Négation d'une proposition
Définition
La négation d'une proposition \(P\) est la proposition (non \(P\)) qui est vraie si \(P\) est fausse, et fausse si \(P\) est vraie.
On la note par : \(\neg P\) ou \(\overline{P}\).
Table de vérité de \(\overline{P}\) :
| \(P\) | \(\overline{P}\) |
|---|---|
| V | F |
| F | V |
Exemples
- La négation de « \(AB^2 + AC^2 = BC^2\) » est « \(AB^2 + AC^2 \neq BC^2\) ».
- La négation de « \(x \leqslant 5\) » est « \(x > 5\) », et non pas « \(x \geqslant 5\) ».
- La négation de « \(x \in ]-\infty ; 5[\) » est « \(x \notin ]-\infty ; 5[\) ».
- La négation de « 5 est un entier pair » est « 5 est un entier impair ».
- La négation de « \(\{2, 4, 8, 10\} \subset \mathbb{N}\) » est « \(\{2, 4, 8, 10\} \not\subset \mathbb{N}\) ».
Exercice
Donner la négation de chacune des propositions suivantes, en déterminant sa valeur de vérité :
- \(P_1 : "\frac{11}{4} \neq \frac{3}{2}"\)
- \(P_2 : "\pi \in \mathbb{Q}"\)
- \(P_3 : "\sqrt{9} = 3"\)
- \(P_4 : "\sqrt{10} > \sqrt{11}"\)
- \(P_5 : "-9 \leqslant -19"\)
- \(P_6 : "\{0, 1, 2\} \subset \mathbb{R}"\)
- \(P_7 : "\mathbb{Q} \subset \mathbb{R}"\)
- \(P_8 : "6 \text{ est un nombre pair}"\)
- \(P_9 : "7 \text{ est divisible par } 2"\)
3. Conjonction de deux propositions
Définition
Deux propositions reliées par le mot « et » forment une proposition composée appelée la conjonction des deux propositions. On dira « p et q » et on écrira \(p \land q\).
Table de vérité :
Les valeurs de vérité de \(p \land q\) en fonction de celles de \(p\) et \(q\) sont données dans la table de vérité ci-dessous :
| \(p\) | \(q\) | \(p \land q\) |
|---|---|---|
| V | V | V |
| V | F | F |
| F | V | F |
| F | F | F |
Remarque
Notez bien que la proposition \(p \land q\) n'est vraie que lorsque les deux propositions sont vraies.
Exemples
-
\(P_1\) : « 36 est un nombre pair et divisible par 3. »
Cette proposition est vraie car les deux propositions qui la composent sont vraies. -
\(P_2\) : « 55 est un multiple de 5 et pair. »
Cette proposition est fausse car « 55 est un multiple de 5 » est vraie, mais « 55 est pair » est fausse.
4. Disjonction de deux propositions
Définition
Deux propositions reliées par le mot « ou » forment une proposition composée appelée la disjonction des deux propositions. On dira « p ou q » et on écrira \(p \lor q\).
Table de vérité :
Les valeurs de vérité de \(p \lor q\) en fonction de celles de \(p\) et \(q\) sont données dans la table de vérité ci-dessous :
| \(p\) | \(q\) | \(p \lor q\) |
|---|---|---|
| V | V | V |
| V | F | V |
| F | V | V |
| F | F | F |
Remarque
Notez bien que la proposition \(p \lor q\) n'est fausse que lorsque les deux propositions sont fausses.
Exemples
- \(P_1\) : « 5 est un nombre pair ou 10 est impair. »
Cette proposition est fausse car les deux propositions qui la composent sont fausses. - \(P_2\) : « \(\sqrt{2} = 1\) ou \(\sqrt{1} = 1\) »
Cette proposition est vraie car l'une des deux propositions qui la composent est vraie (\(\sqrt{1} = 1\)). - \(P_3\) : « \(\sqrt{16} = 4\) ou \(1^2 = 1\) »
Les deux propositions qui composent cette proposition sont vraies, donc la proposition \(P_3\) est vraie. - \(P_4\) : « \(-2^2 = 4\) ou \(2^2 = 4\) »
Cette proposition est vraie car l'une des deux propositions qui la composent est vraie (\(2^2 = 4\)).
Exercice 1
Donner (en justifiant) la valeur de vérité des propositions suivantes :
- \(p_1 : 0 \in \mathbb{N}\) et \(0 \in \mathbb{Q}\)
- \(p_2 : \frac{1}{2} \notin \mathbb{N}\) ou \(\frac{1}{2} \in \mathbb{N}\)
- \(p_3 : \sqrt{3} = 1{,}5\) ou \(\sqrt{4} = 2\)
- \(p_4 : -2^2 = -4\) et \(2^2 = 4\)
- \(p_5 : (-3)^4 = (-4)^3\) ou \(1 = 2\)
- \(p_6 : \sqrt{17} > \sqrt{8} + \sqrt{9}\) et \(\pi \in \mathbb{Q}\)
- \(p_7 : \mathbb{Z} \subset \mathbb{N}\) et \(\mathbb{N} \subset \mathbb{R}\)
- \(p_8 : \sqrt{2}\) est rationnel ou \(1 \in \mathbb{R}^*\)
Exercice 2
Soient p et q deux propositions. En utilisant un tableau de vérité :
- Montrer que la proposition \(\overline{p \land q}\) et la proposition \(\bar{p} \lor \bar{q}\) ont les mêmes valeurs de vérité.
- Montrer que la proposition \(\overline{p \lor q}\) et la proposition \(\bar{p} \land \bar{q}\) ont les mêmes valeurs de vérité.
- Donner les valeurs de vérité de la proposition \(\bar{p} \lor q\).
Table 1 :
| \(p\) | \(q\) | \(\bar{p}\) | \(\bar{q}\) | \(p \land q\) | \(\overline{p \land q}\) | \(\bar{p} \lor \bar{q}\) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | |||||
| 1 | 0 | |||||
| 0 | 1 | |||||
| 0 | 0 |
Table 2 :
| \(p\) | \(q\) | \(\bar{p}\) | \(\bar{q}\) | \(p \lor q\) | \(\overline{p \lor q}\) | \(\bar{p} \land \bar{q}\) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | |||||
| 1 | 0 | |||||
| 0 | 1 | |||||
| 0 | 0 |
Table 3 :
| \(p\) | \(q\) | \(\bar{p}\) | \(\bar{p} \lor q\) |
|---|---|---|---|
| 1 | 1 | ||
| 1 | 0 | ||
| 0 | 1 | ||
| 0 | 0 |
Résultats : Lois de De Morgan
- La négation de la conjonction \(\overline{p \land q}\) est la proposition \(\bar{p} \lor \bar{q}\).
- La négation de la disjonction \(\overline{p \lor q}\) est la proposition \(\bar{p} \land \bar{q}\).
II. Fonction propositionnelle et quantificateurs
1. Fonction propositionnelle
Définition
On appelle fonction propositionnelle définie sur un ensemble \(E\), tout énoncé qui contient une ou plusieurs variables appartenant à \(E\), et qui devient une proposition lorsqu'on remplace la variable par une valeur de \(E\).
On note une fonction propositionnelle par : \(P(x)\), \(Q(x,y)\), etc.
Exemples
- La variable \(x\) étant un élément de \(\mathbb{N}\), l'énoncé « \(x + 2 = 5\) » est vrai pour \(x = 3\) et faux pour tous les autres nombres. C'est une fonction propositionnelle définie sur \(\mathbb{N}\).
- \(P(x) : x > 0\) avec \(x \in \mathbb{R}\) est une fonction propositionnelle ; elle est vraie pour \(x = 1\) et fausse pour \(x = -2\).
2. Quantificateur Universel (\(\forall\))
Vous savez que, quel que soit le nombre réel \(x\), on peut écrire :
\((x+2)^{2} = x^{2} + 4x + 4\)
On utilise le symbole \(\forall\) qui est un quantificateur, le quantificateur universel. Il signifie « quel que soit » ou « pour tout », et la phrase précédente s'écrit sous forme symbolique :
\((\forall x \in \mathbb{R}) \quad (x+2)^{2} = x^{2} + 4x + 4\)
qu'on lit :
« quel que soit \(x\) de \(\mathbb{R}\), on a \((x+2)^{2} = x^{2} + 4x + 4\) »
ou encore
« pour tout \(x\) de \(\mathbb{R}\), on a \((x+2)^{2} = x^{2} + 4x + 4\) »
3. Quantificateur existentiel (\(\exists\))
Vous savez qu'il existe au moins un élément \(x\) de \(\mathbb{Z}\) tel que \(x^{2}-9=0\) ; ces éléments sont \(-3\) et \(3\). On emploie le symbole \(\exists\) qui est aussi un quantificateur, le quantificateur existentiel. La phrase s'écrit :
\((\exists x \in \mathbb{Z}) \quad x^{2}-9=0\)
qu'on lit :
« il existe au moins un élément \(x\) de \(\mathbb{Z}\) tel que \(x^{2}-9=0\) »
Définition
Soit \(P(x)\) une fonction propositionnelle (c'est-à-dire une propriété) définie sur un ensemble E.
-
La proposition \((\forall x \in E) \quad P(x)\) se lit :
« pour tout \(x\) de \(E\) on a \(P(x)\) » -
De même, la proposition \((\exists x \in E) \quad P(x)\) se lit :
« il existe au moins un élément \(x\) de \(E\) tel que l'on ait \(P(x)\) »
Remarque
Pour exprimer l'unicité en plus de l'existence, le signe utilisé est \(\exists!\) (le quantificateur existentiel suivi d'un point d'exclamation). Plus précisément :
\(\exists! x \quad P(x)\)
signifie qu'il existe un unique \(x\) tel que \(P(x)\), ou encore il existe un et un seul \(x\) tel que \(P(x)\) (un objet exactement du domaine considéré possède la propriété \(P\)).
Exemples
- La proposition \(\forall x \in \mathbb{N} : x+1 > 0\) signifie que pour tout objet \(x\), on a \(x+1 > 0\), ou encore que quelle que soit la valeur prise par \(x\), on a \(x+1 > 0\).
- La proposition \(\exists x \in \mathbb{Z} : x+30 < 15\) signifie qu'il existe au moins une valeur de \(x\) telle que \(x+30 < 15\).
- \(\forall x \in [1, +\infty[\quad (x^{2} \geqslant 1)\) est une assertion vraie.
- \(\forall x \in \mathbb{R} \quad (x^{2} \geqslant 1)\) est une assertion fausse.
- \(\forall n \in \mathbb{N} \quad n(n+1)\) est divisible par 2 est une assertion vraie.
4. Ordre des quantificateurs
Lorsqu'on manipule des propositions avec quantificateurs, il est important de veiller à ne pas permuter l'ordre des quantificateurs de natures différentes.
Par exemple, la proposition suivante signifie que tout nombre réel a un opposé :
\(\forall x \in \mathbb{R}, \exists y \in \mathbb{R} : x+y=0\)
Cette affirmation est bien vraie dans \(\mathbb{R}\) (il suffit de prendre \(y=-x\) ; ce choix de \(y\) dépend donc de \(x\)).
Par contre, la proposition :
\(\exists y \in \mathbb{R}, \forall x \in \mathbb{R} : x+y=0\)
est fausse. Elle signifie en effet qu'il existerait un nombre réel \(y\) fixe qui, ajouté à n'importe quel nombre réel \(x\), donnerait toujours une somme égale à zéro. Un tel nombre réel \(y\) n'existe pas.
Remarque
On peut cependant permuter l'ordre des quantificateurs si ceux-ci sont identiques et adjacents.
Par exemple, la proposition :
\(\forall n \in \mathbb{N}, \forall m \in \mathbb{N} : n+m \geqslant 0\)
est équivalente à la proposition :
\(\forall m \in \mathbb{N}, \forall n \in \mathbb{N} : n+m \geqslant 0\)
5. Négation d'une proposition quantifiée
La négation du quantificateur universel est le quantificateur existentiel, et la négation du quantificateur existentiel est le quantificateur universel. Ainsi, pour nier une proposition contenant des quantificateurs, on inverse les quantificateurs et on nie la proposition qui les suit :
- La négation de « \(\forall x \in E \quad P(x)\) » est « \(\exists x \in E \quad \overline{P(x)}\) ».
- La négation de « \(\exists x \in E \quad P(x)\) » est « \(\forall x \in E \quad \overline{P(x)}\) ».
Exemple
-
La négation de « \(\forall x \in [1, +\infty[\quad (x^{2} \geqslant 1)\) » est l'assertion :
\(\exists x \in [1, +\infty[\quad (x^{2} < 1)\)
En effet, la négation de \(x^{2} \geqslant 1\) est \(\text{non}(x^{2} \geqslant 1)\), qui s'écrit plus simplement \(x^{2} < 1\).
Exercice 1
Réécrire, en utilisant les quantificateurs et les connecteurs logiques, les énoncés suivants :
- Tout nombre rationnel \(a\) s'écrit sous la forme \(a=\frac{p}{q}\), tel que \(p \in \mathbb{Z}\) et \(q \in \mathbb{N}^*\).
- Il existe un seul entier naturel \(n\) inférieur ou égal à tous les nombres entiers naturels.
- Quel que soit \(x\) réel, il existe un entier relatif unique \(p\) tel que : \(p \leq x < p+1\).
- Pour tout \(x\) réel, il existe au moins un entier naturel \(n\) tel que : \(x + 2 = 0\).
- Pour tout \(k\) de \(\mathbb{Z}\), il existe un \(p\) de \(\mathbb{Z}\) tel que \(k=2p\) ou \(k=2p+1\).
Solution Exercice 1
- \((\forall a \in \mathbb{Q})\, (\exists p \in \mathbb{Z})\, (\exists q \in \mathbb{N}^*) \quad a = \frac{p}{q}\)
- \((\exists! n \in \mathbb{N})\, (\forall m \in \mathbb{N}) \quad n \leq m\)
- \((\forall x \in \mathbb{R})\, (\exists! p \in \mathbb{Z}) \quad p \leq x < p+1\)
- \((\forall x \in \mathbb{R})\, (\exists n \in \mathbb{N}) \quad x + 2 = 0\)
- \((\forall k \in \mathbb{Z})\, (\exists p \in \mathbb{Z}) \quad (k = 2p \; \text{ou} \; k = 2p+1)\)
Exercice 2
Donner la négation de chacune des propositions suivantes :
- \((\forall x \in \mathbb{R}) \; (x \geq 0 \text{ ou } x \leq 0)\)
- \((\exists x \in \mathbb{R}) \; (x+1 > x^2)\)
- \((\forall x \in \mathbb{R})\, (\exists a \in \mathbb{R}) \; x < a < x+1\)
- \((\exists x \in \mathbb{R})\, (\exists r \in \mathbb{R}) \; x-r = x = x+r\)
Solution 2
- \((\exists x \in \mathbb{R}) \; (x < 0 \text{ et } x > 0)\)
- \((\forall x \in \mathbb{R}) \; (x+1 \leq x^2)\)
- \((\exists x \in \mathbb{R})\, (\forall a \in \mathbb{R}) \; (a \leq x \text{ ou } a \geq x+1)\)
- \((\forall x \in \mathbb{R})\, (\forall r \in \mathbb{R}) \; (x-r \neq x \text{ ou } x \neq x+r)\)
Exercice 3
Donner la négation et la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes :
- \(P : (\forall x \in \mathbb{R}) \quad x^2 > 0\)
- \(P : (\exists x \in \mathbb{R}) \quad x^2 - 2 = 0\)
- \(P : (\forall n \in \mathbb{N}) \quad \frac{n}{2} \in \mathbb{N}\)
- \(P : (\forall x \in \mathbb{R}) \quad -1 \leq \cos x \leq 1\)
- \(P : (\forall n \in \mathbb{N})\, (\exists m \in \mathbb{N}) \quad n < m\)
- \(P : (\exists n \in \mathbb{N}) \quad 2n+1 \text{ est pair}\)
- \(P : (\forall n \in \mathbb{N}) \quad \sqrt{n} \in \mathbb{N}\)
- \(P : (\forall x \in \mathbb{R})\, (\exists y \in \mathbb{R}) \quad y - x > 0\)
- \(P : (\exists! x \in \mathbb{R}) \quad 2x + 4 = 0\)
- \(P : (\exists! x \in \mathbb{R}) \quad x^2 = 2\)
- \(P : (\exists x \in \mathbb{Z}) \quad \frac{x}{4} \in \mathbb{Z}\)
- \(P : (\forall x \in \mathbb{R})\, (\exists y \in \mathbb{R}) \quad y^2 = x\)
Solution 3
- \(\overline{P} : (\exists x \in \mathbb{R}) \quad x^2 \leq 0\)
Valeur de vérité : \(P\) est Fausse (car pour \(x=0\), \(0^2 = 0 \ngtr 0\)). - \(\overline{P} : (\forall x \in \mathbb{R}) \quad x^2 - 2 \neq 0\)
Valeur de vérité : \(P\) est Vraie (car \(\sqrt{2} \in \mathbb{R}\) et \((\sqrt{2})^2 - 2 = 0\)). - \(\overline{P} : (\exists n \in \mathbb{N}) \quad \frac{n}{2} \notin \mathbb{N}\)
Valeur de vérité : \(P\) est Fausse (car pour \(n=1\), \(\frac{1}{2} \notin \mathbb{N}\)). - \(\overline{P} : (\exists x \in \mathbb{R}) \quad (\cos x > 1 \text{ ou } \cos x < -1)\)
Valeur de vérité : \(P\) est Vraie (propriété fondamentale de la fonction cosinus). - \(\overline{P} : (\exists n \in \mathbb{N})\, (\forall m \in \mathbb{N}) \quad n \geq m\)
Valeur de vérité : \(P\) est Vraie (pour tout \(n\), il suffit de prendre \(m = n+1\)). - \(\overline{P} : (\forall n \in \mathbb{N}) \quad 2n+1 \text{ est impair}\)
Valeur de vérité : \(P\) est Fausse (car \(2n+1\) est toujours impair pour tout \(n \in \mathbb{N}\)). - \(\overline{P} : (\exists n \in \mathbb{N}) \quad \sqrt{n} \notin \mathbb{N}\)
Valeur de vérité : \(P\) est Fausse (car pour \(n=2\), \(\sqrt{2} \notin \mathbb{N}\)). - \(\overline{P} : (\exists x \in \mathbb{R})\, (\forall y \in \mathbb{R}) \quad y - x \leq 0\)
Valeur de vérité : \(P\) est Vraie (pour tout \(x\), il suffit de choisir \(y = x+1\)). - \(\overline{P} : (\forall x \in \mathbb{R}, 2x+4 \neq 0) \text{ ou } (\exists x, y \in \mathbb{R}, x \neq y \text{ tel que } 2x+4 = 0 \text{ et } 2y+4 = 0)\)
Valeur de vérité : \(P\) est Vraie (l'unique solution est \(x = -2\)). - \(\overline{P} : (\forall x \in \mathbb{R}, x^2 \neq 2) \text{ ou } (\exists x, y \in \mathbb{R}, x \neq y \text{ tel que } x^2 = 2 \text{ et } y^2 = 2)\)
Valeur de vérité : \(P\) est Fausse (il existe deux solutions distinctes dans \(\mathbb{R}\) : \(\sqrt{2}\) et \(-\sqrt{2}\)). - \(\overline{P} : (\forall x \in \mathbb{Z}) \quad \frac{x}{4} \notin \mathbb{Z}\)
Valeur de vérité : \(P\) est Vraie (par exemple pour \(x=4\), \(\frac{4}{4} = 1 \in \mathbb{Z}\)). - \(\overline{P} : (\exists x \in \mathbb{R})\, (\forall y \in \mathbb{R}) \quad y^2 \neq x\)
Valeur de vérité : \(P\) est Fausse (un nombre négatif n'a pas de antécédent par la fonction carré dans \(\mathbb{R}\), ex: \(x = -1\)).
Exercice 4
Écrire à l'aide de quantificateurs les énoncés suivants :
- Le carré de tout réel est positif.
- Certains réels sont strictement supérieurs à leur carré.
- Aucun entier n'est supérieur à tous les autres.
- Tous les réels ne sont pas des quotients d'entiers.
- Il existe un entier multiple de tous les autres.
Solution 4
- \((\forall x \in \mathbb{R}) \quad x^2 \geq 0\)
- \((\exists x \in \mathbb{R}) \quad x > x^2\)
- \((\forall n \in \mathbb{N})\, (\exists m \in \mathbb{N}) \quad n < m\)
- \((\exists x \in \mathbb{R})\, (\forall p \in \mathbb{Z})\, (\forall q \in \mathbb{N}^*) \quad x \neq \frac{p}{q}\)
- \((\exists n \in \mathbb{N})\, (\forall m \in \mathbb{N})\, (\exists k \in \mathbb{N}) \quad n = m \times k\)
III. Implication et équivalence
1. Implication de deux propositions
Définition
-
L'implication de \(Q\) par \(P\) est la proposition « \(\text{non}(P) \vee Q\) », qui est fausse seulement si la proposition \(P\) est vraie et la proposition \(Q\) est fausse.
-
L'implication de \(Q\) par \(P\) est notée « \(P \Rightarrow Q\) », et se lit « \(P\) implique \(Q\) » ou « si \(P\) alors \(Q\) ».
-
L'implication est vraie dans tous les autres cas.
Définition
-
L'implication de \(Q\) par \(P\) est la proposition « \(\text{non}(P) \vee Q\) », qui est fausse seulement si la proposition \(P\) est vraie et la proposition \(Q\) est fausse.
-
L'implication de \(Q\) par \(P\) est notée « \(P \Rightarrow Q\) », et se lit « \(P\) implique \(Q\) » ou « si \(P\) alors \(Q\) ».
-
L'implication est vraie dans tous les autres cas.
Exemples :
- \(\sqrt{2} \in \mathbb{Q} \Rightarrow -2 \neq 3\)
-
\(\sqrt{2} \in \mathbb{Q} \Rightarrow -2 = 3\)
Ces deux implications sont vraies, car la prémisse \(\sqrt{2} \in \mathbb{Q}\) est fausse. -
\(\sqrt{2} \notin \mathbb{Q} \Rightarrow -2 \neq 3\)
Cette proposition est vraie (implication de deux propositions vraies). -
\(\sqrt{2} \notin \mathbb{Q} \Rightarrow -2 = 3\)
Cette proposition est fausse (implication d'une prémisse vraie vers une conclusion fausse).
Table de vérité :
Les valeurs de vérité de \(P \Rightarrow Q\) sont données dans la table ci-dessous :
| \(P\) | \(Q\) | \(P \Rightarrow Q\) |
|---|---|---|
| V | V | V |
| V | F | F |
| F | V | V |
| F | F | V |
Remarque
- On observe que \(P \Rightarrow Q\) est fausse seulement dans le cas où \(P\) est vraie et \(Q\) est fausse.
- Pour vérifier que \(P \Rightarrow Q\) est vraie, il suffira donc d'envisager le cas où \(P\) est vraie et de vérifier que \(Q\) l'est aussi.
Terminologie :
- L'implication \(Q \Rightarrow P\) s'appelle l'implication réciproque de l'implication \(P \Rightarrow Q\) (et vice-versa).
- L'implication \(\overline{Q} \Rightarrow \overline{P}\) s'appelle la contraposée de l'implication \(P \Rightarrow Q\).
-
Pour exprimer que \(P \Rightarrow Q\), on dit parfois que :
- \(P\) est une condition suffisante pour \(Q\), c'est-à-dire que \(Q\) est vraie dès que \(P\) l'est.
- \(Q\) est une condition nécessaire pour \(P\), c'est-à-dire que \(P\) ne peut pas être vraie sans que \(Q\) le soit.
-
Les phrases suivantes ont le même sens et permettent de varier le discours mathématique :
- Si \(P\), alors \(Q\).
- Puisque \(P\), donc \(Q\).
- Il suffit de \(P\) pour \(Q\).
- \(P\) est suffisante pour \(Q\).
- \(Q\) est nécessaire pour \(P\).
- Il faut \(Q\) pour \(P\).
Exercice
Déterminer la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes :
- \(p_{1} : "0 \in \mathbb{N} \Rightarrow \mathbb{Z} \subset \mathbb{N}"\)
- \(p_{2} : "\pi = \frac{22}{7} \Rightarrow \pi^{2} < 10"\)
- \(p_{3} : "\sqrt{3} > \frac{3}{2} \Rightarrow \sqrt{3} > 1"\)
- \(p_{4} : "\sqrt{3}+\sqrt{2} < \sqrt{5} \Rightarrow (\sqrt{3}+\sqrt{2})^{2} = 5"\)
- \(p_{5} : "2 = (\sqrt{2})^{2} \Rightarrow \pi \notin \mathbb{Q}"\)
Solution
Solution de l'exercice
- Pour \(p_{1}\) :
La proposition \(0 \in \mathbb{N}\) est vraie.
La conclusion \(\mathbb{Z} \subset \mathbb{N}\) est fausse (car, par exemple, \(-1 \in \mathbb{Z}\) mais \(-1 \notin \mathbb{N}\)).
Une implication du vrai vers le faux étant fausse, la proposition \(p_{1}\) est FAUSSE. - Pour \(p_{2}\) :
La proposition \(\pi = \frac{22}{7}\) est fausse (\(\frac{22}{7}\) est seulement une valeur approchée de \(\pi\)).
Une implication dont la proposition est fausse est toujours vraie.
Donc la proposition \(p_{2}\) est VRAIE. - Pour \(p_{3}\) :
La proposition \(\sqrt{3} > \frac{3}{2}\) est vraie (car \(\left(\sqrt{3}\right)^2 = 3\) et \(\left(\frac{3}{2}\right)^2 = \frac{9}{4} = 2{,}25\)).
La conclusion \(\sqrt{3} > 1\) est également vraie.
L'implication d'une proposition vraie vers une proposition vraie est vraie, donc la proposition \(p_{3}\) est VRAIE. - Pour \(p_{4}\) :
La proposition \(\sqrt{3}+\sqrt{2} < \sqrt{5}\) est fausse (car \(\sqrt{3}+\sqrt{2} \approx 3{,}14\) et \(\sqrt{5} \approx 2{,}23\)).
Une implication dont la proposition est fausse est toujours vraie.
Donc la proposition \(p_{4}\) est VRAIE. - Pour \(p_{5}\) :
La proposition \(2 = (\sqrt{2})^{2}\) est vraie.
La conclusion \(\pi \notin \mathbb{Q}\) est vraie (\(\pi\) est un nombre irrationnel).
L'implication de deux propositions vraies est vraie, donc la proposition \(p_{5}\) est VRAIE.
2. Équivalence de deux propositions
Définition
Soient \(p\) et \(q\) deux propositions.
-
L'équivalence logique des propositions \(p\) et \(q\) est la proposition « \((p \Rightarrow q) \text{ et } (q \Rightarrow p)\) », notée « \(p \Leftrightarrow q\) ».
Définition
Soient \(p\) et \(q\) deux propositions.
- L'équivalence logique des propositions \(p\) et \(q\) est la proposition « \((p \Rightarrow q) \text{ et } (q \Rightarrow p)\) », notée « \(p \Leftrightarrow q\) ».
Exemples :
-
« \(ABCD\) est un parallélogramme \(\Leftrightarrow \overrightarrow{AB} = \overrightarrow{DC}\) »
Cette proposition signifie que si \(\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{DC}\), alors \(ABCD\) est un parallélogramme, et réciproquement, si \(ABCD\) est un parallélogramme, alors \(\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{DC}\).
Terminologie :
- Si \(p \Leftrightarrow q\), on dit également que « \(P\) est vraie si et seulement si \(Q\) est vraie ».
- L'affirmation \(p \Leftrightarrow q\) signifie simultanément que \(p \Rightarrow q\) et \(q \Rightarrow p\).
Table de vérité :
Les valeurs de vérité de \(p \Leftrightarrow q\) sont données dans la table ci-dessous :
| \(p\) | \(q\) | \(p \Leftrightarrow q\) |
|---|---|---|
| V | V | V |
| V | F | F |
| F | V | F |
| F | F | V |
Remarque
- On observe que \(p \Leftrightarrow q\) est vraie seulement dans le cas où \(p\) et \(q\) ont la même valeur de vérité.
VI. Raisonnements mathématiques
Un raisonnement mathématique est un processus permettant d'établir, à partir de propositions vraies, de nouvelles propositions, de nouveaux résultats en utilisant des principes logiques. Dans cette partie, nous étudions différents types de raisonnement.
1. Raisonnement par déduction
a) Méthode 1 (classique)
Principe
C'est la méthode à laquelle vous êtes le plus habitué. On montre les résultats demandés en utilisant les données de l'exercice, les prérequis, les connecteurs logiques et les propriétés étudiées.
Exemple 1
Soient \(a\) et \(b\) deux éléments de \(\mathbb{R}\) tels que : \(a+b = 1\).
Montrons que \(ab \leq \dfrac{1}{4}\).
On a \(a+b = 1\), donc \(b = 1-a\).
Calculons la différence :
\(ab - \dfrac{1}{4} = a(1-a) - \dfrac{1}{4} = a - a^{2} - \dfrac{1}{4} = -\left(a - \dfrac{1}{2}\right)^{2} \leq 0\)
Alors \(ab - \dfrac{1}{4} \leq 0\), d'où \(ab \leq \dfrac{1}{4}\).
b) Méthode 2 (implications successives)
Principe
Pour montrer qu'une proposition \(q\) est vraie, il suffit de montrer que \(p \Rightarrow q\) est vraie avec \(p\) une proposition vraie.
Exemple 2
Soient \(a\) et \(b\) deux réels tels que : \(a+b = 1\).
Montrer que \(ab \leq \dfrac{1}{4}\).
On a :
\(\begin{aligned}
a+b=1 &\Rightarrow \begin{cases} b=1-a \\ ab=a(1-a) \end{cases} \\
&\Rightarrow ab = a - a^{2} \\
&\Rightarrow ab - \frac{1}{4} = -a^{2} + a - \frac{1}{4} \\
&\Rightarrow ab - \frac{1}{4} = -\left(a - \frac{1}{2}\right)^{2} \\
&\Rightarrow ab - \frac{1}{4} \leqslant 0 \\
&\Rightarrow ab \leqslant \frac{1}{4}
\end{aligned}\)
Exemple 3
Montrons que : \(\forall x \in \mathbb{R}^{*+}, \quad \dfrac{x+1}{2} \geq \sqrt{x}\)
Posons \(p : \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, (\sqrt{x}-1)^{2} \geq 0\) (proposition vraie) et \(q : \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, \dfrac{x+1}{2} \geq \sqrt{x}\).
Pour montrer que \(q\) est vraie par déduction, il suffit de montrer que \(p \Rightarrow q\).
On a :
\(\begin{aligned}
&\forall x \in \mathbb{R}^{*+}, (\sqrt{x}-1)^{2} \geq 0 \\ &\Rightarrow \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, x - 2\sqrt{x} + 1 \geq 0 \\
&\Rightarrow \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, x + 1 \geq 2\sqrt{x} \\
&\Rightarrow \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, \dfrac{x+1}{2} \geq \sqrt{x}
\end{aligned}\)
Donc \(p \Rightarrow q\) est vraie.
D'où : \(\forall x \in \mathbb{R}^{*+}, \quad \dfrac{x+1}{2} \geq \sqrt{x}\)
Exemple 4
Montrons que : \(\underbrace{\forall x \in [7,+\infty[, \quad (x-4)^{2}+3 \geqslant 12}_{q}\)
On a :
\(\begin{aligned}
&\underbrace{\forall x \in [7,+\infty[, x \geqslant 7}_{p} \\&\Rightarrow \forall x \in [7,+\infty[, x-4 \geqslant 3 \\
&\Rightarrow \forall x \in [7,+\infty[, (x-4)^{2} \geqslant 3^{2} \\
&\Rightarrow \forall x \in [7,+\infty[, (x-4)^{2} \geqslant 9 \\
&\Rightarrow \forall x \in [7,+\infty[, (x-4)^{2}+3 \geqslant 9+3 \\
&\Rightarrow \underbrace{\forall x \in [7,+\infty[, (x-4)^{2}+3 \geqslant 12}_{q}
\end{aligned}\)
Comme la prémisse \(p\) est vraie et \(p \Rightarrow q\), alors \(q\) est vraie.
Donc : \(\forall x \in [7,+\infty[, \quad (x-4)^{2}+3 \geqslant 12\)
Exemple 5
Montrons que : \(\forall (a,b) \in \left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, \quad \sqrt{ab} \leq \dfrac{a+b}{2}\)
On a :
\(\begin{aligned}
&\forall(a, b) \in\left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, (\sqrt{a}-\sqrt{b})^{2} \geqslant 0 \\ &\Rightarrow \forall(a, b) \in\left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, a + b - 2\sqrt{ab} \geqslant 0 \\
&\Rightarrow \forall(a, b) \in\left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, 2\sqrt{ab} \leqslant a+b \\
&\Rightarrow \forall(a, b) \in\left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, \sqrt{ab} \leqslant \dfrac{a+b}{2}
\end{aligned}\)
D'où : \(\forall a \in \mathbb{R}^{+*}, \forall b \in \mathbb{R}^{+*}, \quad \sqrt{ab} \leq \dfrac{a+b}{2}\)
N.B.
Si on veut montrer que l'assertion \(P \Longrightarrow Q\) est vraie, on suppose simplement que \(P\) est vraie et on montre de la même manière que \(Q\) est vraie.
2. Raisonnement par contraposée
Principe
C'est la méthode à laquelle vous êtes le plus habitué. On montre les résultats demandés en utilisant les données de l'exercice, les prérequis, les connecteurs logiques et les propriétés étudiées.
Exemple 1
Soient \(a\) et \(b\) deux éléments de \(\mathbb{R}\) tels que : \(a+b = 1\).
Montrons que \(ab \leq \dfrac{1}{4}\).
On a \(a+b = 1\), donc \(b = 1-a\).
Calculons la différence :
\(ab - \dfrac{1}{4} = a(1-a) - \dfrac{1}{4} = a - a^{2} - \dfrac{1}{4} = -\left(a - \dfrac{1}{2}\right)^{2} \leq 0\)
Alors \(ab - \dfrac{1}{4} \leq 0\), d'où \(ab \leq \dfrac{1}{4}\).
Principe
Pour montrer qu'une proposition \(q\) est vraie, il suffit de montrer que \(p \Rightarrow q\) est vraie avec \(p\) une proposition vraie.
Exemple 2
Soient \(a\) et \(b\) deux réels tels que : \(a+b = 1\).
Montrer que \(ab \leq \dfrac{1}{4}\).
On a :
\(\begin{aligned} a+b=1 &\Rightarrow \begin{cases} b=1-a \\ ab=a(1-a) \end{cases} \\ &\Rightarrow ab = a - a^{2} \\ &\Rightarrow ab - \frac{1}{4} = -a^{2} + a - \frac{1}{4} \\ &\Rightarrow ab - \frac{1}{4} = -\left(a - \frac{1}{2}\right)^{2} \\ &\Rightarrow ab - \frac{1}{4} \leqslant 0 \\ &\Rightarrow ab \leqslant \frac{1}{4} \end{aligned}\)
Exemple 3
Montrons que : \(\forall x \in \mathbb{R}^{*+}, \quad \dfrac{x+1}{2} \geq \sqrt{x}\)
Posons \(p : \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, (\sqrt{x}-1)^{2} \geq 0\) (proposition vraie) et \(q : \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, \dfrac{x+1}{2} \geq \sqrt{x}\).
Pour montrer que \(q\) est vraie par déduction, il suffit de montrer que \(p \Rightarrow q\).
On a :
\(\begin{aligned} &\forall x \in \mathbb{R}^{*+}, (\sqrt{x}-1)^{2} \geq 0 \\ &\Rightarrow \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, x - 2\sqrt{x} + 1 \geq 0 \\ &\Rightarrow \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, x + 1 \geq 2\sqrt{x} \\ &\Rightarrow \forall x \in \mathbb{R}^{*+}, \dfrac{x+1}{2} \geq \sqrt{x} \end{aligned}\)
Donc \(p \Rightarrow q\) est vraie.
D'où : \(\forall x \in \mathbb{R}^{*+}, \quad \dfrac{x+1}{2} \geq \sqrt{x}\)
Exemple 4
Montrons que : \(\underbrace{\forall x \in [7,+\infty[, \quad (x-4)^{2}+3 \geqslant 12}_{q}\)
On a :
\(\begin{aligned} &\underbrace{\forall x \in [7,+\infty[, x \geqslant 7}_{p} \\&\Rightarrow \forall x \in [7,+\infty[, x-4 \geqslant 3 \\ &\Rightarrow \forall x \in [7,+\infty[, (x-4)^{2} \geqslant 3^{2} \\ &\Rightarrow \forall x \in [7,+\infty[, (x-4)^{2} \geqslant 9 \\ &\Rightarrow \forall x \in [7,+\infty[, (x-4)^{2}+3 \geqslant 9+3 \\ &\Rightarrow \underbrace{\forall x \in [7,+\infty[, (x-4)^{2}+3 \geqslant 12}_{q} \end{aligned}\)
Comme la prémisse \(p\) est vraie et \(p \Rightarrow q\), alors \(q\) est vraie.
Donc : \(\forall x \in [7,+\infty[, \quad (x-4)^{2}+3 \geqslant 12\)
Exemple 5
Montrons que : \(\forall (a,b) \in \left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, \quad \sqrt{ab} \leq \dfrac{a+b}{2}\)
On a :
\(\begin{aligned} &\forall(a, b) \in\left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, (\sqrt{a}-\sqrt{b})^{2} \geqslant 0 \\ &\Rightarrow \forall(a, b) \in\left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, a + b - 2\sqrt{ab} \geqslant 0 \\ &\Rightarrow \forall(a, b) \in\left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, 2\sqrt{ab} \leqslant a+b \\ &\Rightarrow \forall(a, b) \in\left(\mathbb{R}^{+*}\right)^{2}, \sqrt{ab} \leqslant \dfrac{a+b}{2} \end{aligned}\)
D'où : \(\forall a \in \mathbb{R}^{+*}, \forall b \in \mathbb{R}^{+*}, \quad \sqrt{ab} \leq \dfrac{a+b}{2}\)
N.B.
Si on veut montrer que l'assertion \(P \Longrightarrow Q\) est vraie, on suppose simplement que \(P\) est vraie et on montre de la même manière que \(Q\) est vraie.
On s'intéresse à une proposition qui s'énonce de la manière suivante :
« Si \(A\) est vraie, alors \(B\) est vraie. »
Cette proposition peut également s'énoncer, de manière équivalente, comme suit : « Si \(B\) est fausse, alors \(A\) est fausse. »
Ou encore : « Si \(\text{non}(B)\) est vraie, alors \(\text{non}(A)\) est vraie. »
Cet énoncé est appelé la contraposée de la première proposition.
Loi logique
Une proposition et sa contraposée sont équivalentes : démontrer l'une revient à démontrer l'autre. Autrement dit, si une proposition est vraie, alors sa contraposée est vraie également.
\((P \Rightarrow Q) \Leftrightarrow (\overline{Q} \Rightarrow \overline{P})\)
Exemple 1
Montrons que : \(\forall x \in \mathbb{R}^+, \quad (x \neq 4 \Rightarrow \sqrt{x} - 1 \neq \frac{x}{4})\)
-
Soit \(x \in \mathbb{R}^+\). Par contraposée, la proposition s'écrit :
\(\sqrt{x} - 1 = \frac{x}{4} \Rightarrow x = 4\) -
Montrons donc cette implication :
\(\sqrt{x} - 1 = \frac{x}{4} \Rightarrow x - 4\sqrt{x} + 4 = 0\)
\(\hphantom{\sqrt{x} - 1 = \frac{x}{4}} \Rightarrow (\sqrt{x} - 2)^2 = 0\)
\(\hphantom{\sqrt{x} - 1 = \frac{x}{4}} \Rightarrow \sqrt{x} = 2\)
\(\hphantom{\sqrt{x} - 1 = \frac{x}{4}} \Rightarrow x = 4\) -
Donc, d'après le principe du raisonnement par contraposée :
\(\forall x \in \mathbb{R}^+, \quad x \neq 4 \Rightarrow \sqrt{x} - 1 \neq \frac{x}{4}\)
Exemple 2
Soit \(x\) un nombre réel. Montrons que : \(x \neq 5 \Rightarrow \frac{x + 3}{x - 1} \neq 2\)
-
Montrons la contraposée : \(\frac{x + 3}{x - 1} = 2 \Rightarrow x = 5\)
\(\frac{x + 3}{x - 1} = 2 \Rightarrow x + 3 = 2(x - 1)\)
\(\hphantom{\frac{x + 3}{x - 1} = 2} \Rightarrow x + 3 = 2x - 2\)
\(\hphantom{\frac{x + 3}{x - 1} = 2} \Rightarrow x = 5\) - Ainsi, par contraposée : \(x \neq 5 \Rightarrow \frac{x + 3}{x - 1} \neq 2\)
Exemple 3
Soit \(x \in \mathbb{R} \setminus \{-5\}\). Montrons que : \(x \neq -8 \Rightarrow \frac{x + 2}{x + 5} \neq 2\)
-
Montrons la contraposée : \(\frac{x + 2}{x + 5} = 2 \Rightarrow x = -8\)
\(\frac{x + 2}{x + 5} = 2 \Rightarrow x + 2 = 2(x + 5)\)
\(\hphantom{\frac{x + 2}{x + 5} = 2} \Rightarrow x + 2 = 2x + 10\)
\(\hphantom{\frac{x + 2}{x + 5} = 2} \Rightarrow x = -8\) - Ainsi, par contraposée : \(x \neq -8 \Rightarrow \frac{x + 2}{x + 5} \neq 2\)
Exemple 4
Montrons que pour tout entier \(n \in \mathbb{N}\) : (\(n^2\) est pair) \(\Rightarrow\) (\(n\) est pair)
- Par contraposée, montrons que : (\(n\) est impair) \(\Rightarrow\) (\(n^2\) est impair)
-
On suppose que \(n\) est impair, donc \(\exists k \in \mathbb{N}, \quad n = 2k + 1\).
Alors :
\(n^2 = (2k + 1)^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2(2k^2 + 2k) + 1\)
Puisque \(2k^2 + 2k \in \mathbb{N}\), \(n^2\) est bien un nombre impair. -
Par conséquent, d'après le raisonnement par contraposée :
\(n^2 \text{ est pair} \Rightarrow n \text{ est pair}\)
3. Raisonnement par l'absurde
Principe du raisonnement par l'absurde
Loi : \([\overline{P} \implies (q \land \overline{q})] \implies P\)
Pour démontrer qu'une proposition \(P\) est vraie :
- On suppose que \(P\) est fausse, c'est-à-dire que \(\overline{P}\) est vraie.
- On montre que cette hypothèse nous conduit à conclure que la proposition \(\overline{P} \implies (q \land \overline{q})\) est vraie. Chose qui est impossible (car \(\overline{P}\) est vraie alors que \((q \land \overline{q})\) est toujours fausse).
- On dit qu'on a obtenu une contradiction, ce qui entraîne que \(P\) doit nécessairement être vraie.
Remarque
La proposition \(q\) peut être une donnée de l'énoncé, une règle, ou une propriété mathématique établie.
Exemple 1
Montrons que \(\dfrac{1}{3}\) n'est pas un nombre décimal.
On suppose que \(\dfrac{1}{3}\) est un nombre décimal.
Donc il existe \(a \in \mathbb{Z}\) et \(b \in \mathbb{N}\) tels que : \(\dfrac{1}{3} = \dfrac{a}{10^{b}}\).
Donc \(10^{b} = 3 \times a\), ce qui signifie que \(10^{b}\) est un multiple de \(3\).
(Contradiction, car la somme des chiffres de \(10^{b}\) est toujours égale à \(1\), donc \(10^b\) n'est pas divisible par \(3\)).
Donc l'hypothèse « \(\dfrac{1}{3}\) est un nombre décimal » est fausse.
D'où, d'après le raisonnement par l'absurde, \(\dfrac{1}{3}\) n'est pas un nombre décimal.
Exemple 2
Soit \(n\) un entier naturel.
Montrons que : \(\underbrace{n^{2} \text{ impair}}_{P} \implies \underbrace{n \text{ impair}}_{Q}\).
Supposons que \(\underbrace{n^{2} \text{ impair et } n \text{ pair}}_{P \land \overline{Q}}\).
Alors :
\(\begin{aligned} &n \text{ pair} \implies \exists k \in \mathbb{N} : n = 2k \\ &\implies n^{2} = 4k^{2} = 2(2k^{2}) \text{ avec } k \in \mathbb{N} \\ &\implies n^{2} \\ & \text{ est pair (Contradiction avec } n^2 \text{ impair)}. \end{aligned}\)
Donc d'après le raisonnement par l'absurde : \(n^{2} \text{ impair} \implies n \text{ impair}\).
Exemple 3
Soient \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) deux vecteurs non nuls et non colinéaires.
Montrons que : \((\forall (\alpha, \beta) \in \mathbb{R}^{2}) \quad ((\alpha \vec{u} + \beta \vec{v} = \overrightarrow{0}) \implies (\alpha = \beta = 0))\).
Supposons qu'il existe \((\alpha, \beta) \in \mathbb{R}^{2}\) tels que \(\alpha \vec{u} + \beta \vec{v} = \overrightarrow{0}\) et (\(\alpha \neq 0\) ou \(\beta \neq 0\)).
Supposons (par exemple) que \(\alpha \neq 0\). On a alors :
\(\alpha \vec{u} + \beta \vec{v} = \overrightarrow{0} \iff \vec{u} = -\frac{\beta}{\alpha} \vec{v}\)
Donc \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont colinéaires (Contradiction, car les données précisent que \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont deux vecteurs non nuls et non colinéaires).
Par suite, notre hypothèse (\(\alpha \neq 0\) ou \(\beta \neq 0\)) est fausse.
Donc \(\alpha\) et \(\beta\) doivent être tous les deux nuls.
D'où, d'après le raisonnement par l'absurde :
\((\forall (\alpha, \beta) \in \mathbb{R}^{2}) \quad ((\alpha \vec{u} + \beta \vec{v} = \overrightarrow{0}) \implies (\alpha = \beta = 0))\)
Exemple 4
Montrons que : \(\forall n \in \mathbb{N}^*, \quad n^{2}+1\) n'est pas un carré parfait.
Supposons la négation : \(\overline{P} : \exists n \in \mathbb{N}^*, \exists a \in \mathbb{N}^*, \quad n^{2}+1=a^{2}\).
On a :
\(\begin{aligned} n^{2}+1 = a^{2} &\implies a^{2}-n^{2} = 1 \\ &\implies (a-n)(a+n) = 1 \end{aligned}\)
Puisque \(n^{2}+1 > n^{2}\), alors \(a > n\), donc \((a+n) \in \mathbb{N}\) et \((a-n) \in \mathbb{N}\).
Ainsi :
\(\begin{aligned} &(a-n)(a+n) = 1 \\ &\implies a-n = 1 \text{ et } a+n = 1 \\ &\implies a = 1+n \\ &\implies a^{2} = n^{2}+2n+1 \\ &\implies n^2+1 = n^{2}+2n+1 \\ &\implies 2n = 0 \\ &\implies n = 0 \, \text{(Contradiction, car } n \in \mathbb{N}^*\text{)} \end{aligned}\)
D'où, d'après le raisonnement par l'absurde :
\(\forall n \in \mathbb{N}^*, \quad n^{2}+1 \text{ n'est pas un carré parfait.}\)
4. Raisonnement par contre-exemple
Principe du raisonnement par contre-exemple
Pour montrer qu'une proposition de la forme \(\forall x \in E, \ P(x)\) est fausse, il suffit de trouver au moins un élément \(x \in E\) qui vérifie sa négation (c'est-à-dire tel que \(P(x)\) soit fausse). Un tel élément est appelé un contre-exemple.
Exemple 1
Montrons que la proposition \(P : (\forall x \in [0,1]) \quad x^{2} \geqslant x\) est fausse.
Sa négation est \(\overline{P} : (\exists x \in [0,1]) \quad x^{2} < x\).
Pour \(x = \dfrac{1}{2} \in [0,1]\), on a \(x^2 = \dfrac{1}{4}\) et \(\dfrac{1}{4} < \dfrac{1}{2}\), ce qui prouve que \(x^2 < x\).
La négation \(\overline{P}\) est donc vraie, ce qui démontre que la proposition \(P\) est fausse (\(x = \dfrac{1}{2}\) constitue un contre-exemple).
Exemple 2
Soit \(P\) la proposition : \((\forall (a, b) \in \mathbb{R}^{2}) \quad \sqrt{a^{2}+b^{2}} = a+b\).
Pour \(a = 4\) et \(b = 3\), on a :
\(\sqrt{a^{2} + b^{2}} = \sqrt{16 + 9} = \sqrt{25} = 5\)
Or \(a + b = 4 + 3 = 7\), donc \(\sqrt{a^{2}+b^{2}} \neq a+b\).
D'où la proposition \(P\) est fausse (le couple \((4, 3)\) sert de contre-exemple).
5. Raisonnement par équivalences successives
Principe
Loi : \([(P \iff Q) \land (Q \iff R)] \implies (P \iff R)\)
Pour montrer qu'une proposition \(P\) est vraie, il suffit de montrer la chaîne d'équivalences suivante :
\(P \iff P_{1} \iff P_{2} \iff \dots \iff Q\)
où \(Q\) est une proposition vraie. On en déduit alors que \(P \iff Q\) est vraie, et donc que la proposition \(P\) est vraie.
Remarque (Double implication)
Pour montrer qu'une équivalence \(P \iff Q\) est vraie, on peut aussi procéder par double implication en montrant séparément que \(P \implies Q\) et que \(Q \implies P\).
Exemple 1
Montrons que : \(\forall x > 0, \quad x + \dfrac{1}{x} \geqslant 2\).
Soit \(x > 0\). On a :
\(\begin{aligned} x + \dfrac{1}{x} \geqslant 2 &\iff x^{2} + 1 \geqslant 2x \\ &\iff x^{2} - 2x + 1 \geqslant 0 \\ &\iff (x-1)^{2} \geqslant 0 \end{aligned}\)
Puisque la proposition \((x-1)^{2} \geqslant 0\) est toujours vraie pour tout \(x \in \mathbb{R}\), on en déduit par équivalences successives que :
\(\forall x > 0, \quad x + \dfrac{1}{x} \geqslant 2\)
Exemple 2
Montrons que : \(\forall (a, b) \in (\mathbb{R}^+)^2, \quad \sqrt{a+b} = \sqrt{a} + \sqrt{b} \iff a=0 \text{ ou } b=0\).
Soit \((a, b) \in (\mathbb{R}^+)^2\). On a :
\(\begin{aligned} &\sqrt{a+b} = \sqrt{a} + \sqrt{b} \\ &\iff (\sqrt{a+b})^{2} = (\sqrt{a} + \sqrt{b})^{2} \\ &\iff a+b = a + 2\sqrt{a}\sqrt{b} + b \\ &\iff 2\sqrt{ab} = 0 \\ &\iff \sqrt{ab} = 0 \\ &\iff ab = 0 \\ &\iff a=0 \text{ ou } b=0 \end{aligned}\)
D'où :
\(\forall (a, b) \in (\mathbb{R}^+)^2, \quad \sqrt{a+b} = \sqrt{a} + \sqrt{b} \iff a=0 \text{ ou } b=0\)
Exemple 3
Soient \(x, y, z\) trois réels strictement positifs.
Montrons que : \(xy\sqrt{z} < xz\sqrt{y} < yz\sqrt{x} \iff x < y < z\).
Tous les termes étant strictement positifs, on peut élever au carré :
\(\begin{aligned} &xy\sqrt{z} < xz\sqrt{y} < yz\sqrt{x} \\ &\iff x^2 y^2 z < x^2 z^2 y < y^2 z^2 x \end{aligned}\)
En divisant tous les membres par le réel strictement positif \(xyz\), on obtient :
\(\begin{aligned} &xy\sqrt{z} < xz\sqrt{y} < yz\sqrt{x} \\ &\iff xy < xz < yz \\ &\iff (xy < xz \text{ et } xz < yz) \\ &\iff (y < z \text{ et } x < y) \\ & \text{(en simplifiant par } x > 0 \text{ et } z > 0\text{)} \\ &\iff x < y < z \end{aligned}\)
D'où :
\(xy\sqrt{z} < xz\sqrt{y} < yz\sqrt{x} \iff x < y < z\)
Exemple 4 (Double implication)
Soit \((x, y) \in \mathbb{R}^{2}\). Montrons que : \(x^{2} + y^{2} = 0 \iff x = y = 0\).
-
Implication réciproque (\(\impliedby\)) :
Supposons que \(x = 0\) et \(y = 0\).
Alors \(x^2 + y^2 = 0^2 + 0^2 = 0\).
Donc : \(x = y = 0 \implies x^{2} + y^{2} = 0 \quad (1)\) -
Implication directe (\(\implies\)) :
Supposons que \(x^{2} + y^{2} = 0\).
Puisque \(x^2 \geqslant 0\) et \(y^2 \geqslant 0\), la somme de deux nombres réels positifs est nulle si et seulement si chacun des termes est nul.
Donc \(x^2 = 0\) et \(y^2 = 0\), d'où \(x = 0\) et \(y = 0\).
Ainsi : \(x^{2} + y^{2} = 0 \implies x = y = 0 \quad (2)\)
D'après (1) et (2), on déduit par double implication que :
\(x^{2} + y^{2} = 0 \iff x = y = 0\)
6. Raisonnement par disjonction des cas
Principe
Lorsque la démonstration d'une propriété dépend de la valeur d'une variable \(x\), il est parfois utile de faire une disjonction des cas : on sépare le raisonnement suivant toutes les valeurs que peut prendre \(x\).
On peut, par exemple, séparer les cas où \(x\) est un entier pair des cas où \(x\) est impair, ou encore séparer les cas où \(x\) est un réel positif des cas où il est strictement négatif.
Exemple 1
Montrons que : \(\forall n \in \mathbb{N}, \quad \dfrac{n(n+1)}{2} \in \mathbb{N}\).
-
1er cas : si \(n\) est pair
Alors \(\exists k \in \mathbb{N}\) tel que \(n = 2k\).
D'où :\(\dfrac{n(n+1)}{2} = \dfrac{2k(2k+1)}{2} = k(2k+1) \in \mathbb{N}\)
-
2e cas : si \(n\) est impair
Alors \(\exists k \in \mathbb{N}\) tel que \(n = 2k+1\).
D'où :\(\begin{aligned} \dfrac{n(n+1)}{2} &= \dfrac{(2k+1)(2k+2)}{2} \\ &= \dfrac{2(2k+1)(k+1)}{2} \\ &= (2k+1)(k+1) \in \mathbb{N} \end{aligned}\)
Dans tous les cas, on a : \(\forall n \in \mathbb{N}, \quad \dfrac{n(n+1)}{2} \in \mathbb{N}\).
Exemple 2
Montrons que : \(\forall x \in \mathbb{R}, \quad \sqrt{x^{2}} = |x|\).
- Si \(x \geqslant 0\), alors \(\sqrt{x^{2}} = x = |x|\).
- Si \(x \leqslant 0\), alors \(\sqrt{x^{2}} = -x = |x|\).
Donc : \(\forall x \in \mathbb{R}, \quad \sqrt{x^{2}} = |x|\).
Exemple 3
Soit \(n \in \mathbb{N}\). Montrons que le produit de deux entiers consécutifs, \(n(n+1)\), est toujours un nombre pair.
-
Si \(n\) est pair :
\(\exists k \in \mathbb{N}\) tel que \(n = 2k\).
Alors :\(n(n+1) = 2k(2k+1) = 2 \big(k(2k+1)\big) = 2k'\) avec \(k' = k(2k+1) \in \mathbb{N}\)
Donc \(n(n+1)\) est pair. -
Si \(n\) est impair :
\(\exists k \in \mathbb{N}\) tel que \(n = 2k+1\).
Alors :\(n(n+1) = (2k+1)(2k+2) = 2(k+1)(2k+1) = 2k''\) avec \(k'' = (k+1)(2k+1) \in \mathbb{N}\)
Donc \(n(n+1)\) est pair.
Ainsi, le produit de deux entiers consécutifs est toujours un nombre pair.
Exemple 4
Montrons que : \(\forall x \in \mathbb{R}, \quad |x-1| \leqslant x^{2}-x+1 \quad (I)\)
-
1er cas : si \(x \geqslant 1\)
On a \(x-1 \geqslant 0\), donc \(|x-1| = x-1\).
L'inégalité \((I)\) devient : \(x-1 \leqslant x^{2}-x+1\).
Or,\(x-1 \leqslant x^{2}-x+1 \iff x^{2}-2x+2 \geqslant 0 \iff (x-1)^{2}+1 \geqslant 0\)
Ce qui est toujours vrai car \((x-1)^{2} \geqslant 0\) et \(1 > 0\). -
2e cas : si \(x < 1\)
On a \(x-1 < 0\), donc \(|x-1| = 1-x\).
L'inégalité \((I)\) devient : \(1-x \leqslant x^{2}-x+1\).
Or,\(1-x \leqslant x^{2}-x+1 \iff 0 \leqslant x^{2}\)
Ce qui est toujours vrai pour tout réel \(x\).
D'où : \(\forall x \in \mathbb{R}, \quad |x-1| \leqslant x^{2}-x+1\).
Exemple 5
Résolvons dans \(\mathbb{R}\) l'équation \((E) : |2x-1|+x=5\).
-
1er cas : si \(x \geqslant \dfrac{1}{2}\) (c'est-à-dire \(2x-1 \geqslant 0\))
L'équation \((E)\) s'écrit : \(2x-1+x=5 \iff 3x=6 \iff x=2\).
Comme \(2 \geqslant \dfrac{1}{2}\), la valeur \(2\) est solution. -
2e cas : si \(x < \dfrac{1}{2}\) (c'est-à-dire \(2x-1 < 0\))
L'équation \((E)\) s'écrit : \(-(2x-1)+x=5 \iff 1-2x+x=5 \iff -x=4 \iff x=-4\).
Comme \(-4 < \dfrac{1}{2}\), la valeur \(-4\) est solution.
L'ensemble des solutions de l'équation \((E)\) dans \(\mathbb{R}\) est donc :
\(S = \{-4, 2\}\)
7. Raisonnement par récurrence
Principe
Soient \(n_{0} \in \mathbb{N}\) et \(P(n)\) une propriété dépendant de la variable \(n\) définie pour tout \(n \geqslant n_{0}\).
Pour montrer que la propriété \(P(n)\) est vraie pour tout entier \(n \geqslant n_{0}\), on procède en trois étapes :
- Initialisation : On vérifie que la propriété \(P(n_{0})\) est vraie pour le premier rang \(n = n_{0}\).
- Hérédité : On fixe un entier \(n \geqslant n_{0}\), on suppose que \(P(n)\) est vraie (c'est l'hypothèse de récurrence), et l'on démontre que \(P(n+1)\) est vraie.
- Conclusion : D'après le principe de récurrence, la propriété \(P(n)\) est vraie pour tout entier \(n \geqslant n_{0}\).
Exemple 1
Montrons que pour tout \(n \in \mathbb{N}\), \(2^{n} > n\).
Soit \(n \in \mathbb{N}\), on pose la propriété \(P(n) : 2^{n} > n\).
Démontrons par récurrence que \(P(n)\) est vraie pour tout \(n \geqslant 0\) :
-
Initialisation :
Pour \(n = 0\), on a \(2^{0} = 1 > 0\). Donc \(P(0)\) est vraie. -
Hérédité :
Fixons un entier \(n \geqslant 0\) et supposons que \(P(n)\) est vraie (c'est-à-dire \(2^{n} > n\)).
Montrons que \(P(n+1)\) est vraie, soit \(2^{n+1} > n+1\).
On a :\(\begin{aligned} 2^{n+1} &= 2^{n} + 2^{n} \\ &> n + 2^{n} \\ & \hspace{-1cm}\text{(Hypothèse de récurrence : } 2^{n} > n \text{)} \\ &> n + 1 \\ &\quad \text{(car } 2^{n} \geqslant 1 \text{ pour tout } n \geqslant 0\text{)} \end{aligned}\)
Donc \(P(n+1)\) est vraie. -
Conclusion :
D'après le principe de récurrence, \(2^{n} > n\) est vraie pour tout entier \(n \geqslant 0\).
Exemple 2
Montrons que \(\forall n \in \mathbb{N}, \quad 3 \mid (n^{3}+2n)\) (c'est-à-dire que \(n^{3}+2n\) est divisible par \(3\)).
On pose la propriété \(P(n) : \exists k \in \mathbb{N}, \quad n^{3}+2n = 3k\).
-
Initialisation :
Pour \(n = 0\), on a \(0^{3} + 2 \times 0 = 0 = 3 \times 0\), qui est un multiple de \(3\). Donc \(P(0)\) est vraie. -
Hérédité :
Fixons un entier \(n \geqslant 0\) et supposons que \(P(n)\) est vraie, c'est-à-dire qu'il existe \(k \in \mathbb{N}\) tel que \(n^{3}+2n = 3k\).
Montrons que \(P(n+1)\) est vraie, c'est-à-dire qu'il existe \(k' \in \mathbb{N}\) tel que \((n+1)^{3}+2(n+1) = 3k'\).
On a :\(\begin{aligned} &(n+1)^{3}+2(n+1) \\ &= n^{3} + 3n^{2} + 3n + 1 + 2n + 2 \\ &= (n^{3} + 2n) + 3n^{2} + 3n + 3 \\ &= 3k + 3(n^{2} + n + 1) \\ &= 3(k + n^{2} + n + 1) \\ &= 3k' \\ & \quad \text{avec } k' = k + n^{2} + n + 1 \in \mathbb{N} \end{aligned}\)
Donc \(P(n+1)\) est vraie. -
Conclusion :
D'après le principe de récurrence, on a : \(\forall n \in \mathbb{N}, \quad 3 \mid (n^{3}+2n)\).
Exemple 3
Montrons que \(\forall n \in \mathbb{N}^{*}, \quad 1 + 3 + 3^{2} + \dots + 3^{n-1} = \dfrac{1}{2}(3^{n}-1)\).
On pose la propriété \(P(n) : 1 + 3 + 3^{2} + \dots + 3^{n-1} = \dfrac{1}{2}(3^{n}-1)\).
-
Initialisation :
Pour \(n = 1\), le membre de gauche vaut \(1\) et le membre de droite vaut \(\dfrac{1}{2}(3^{1}-1) = \dfrac{2}{2} = 1\).
Donc \(P(1)\) est vraie. -
Hérédité :
Fixons un entier \(n \in \mathbb{N}^{*}\) et supposons que \(P(n)\) est vraie.
Montrons que \(P(n+1)\) est vraie, c'est-à-dire \(1 + 3 + 3^{2} + \dots + 3^{n-1} + 3^{n} = \dfrac{1}{2}(3^{n+1}-1)\).
On a :\(\begin{aligned} & 1 + 3 + 3^{2} + \dots + 3^{n-1} + 3^{n} \\ &= \dfrac{1}{2}(3^{n}-1) + 3^{n} \\ &= \dfrac{1}{2}(3^{n} - 1 + 2 \times 3^{n}) \\ &= \dfrac{1}{2}(3 \times 3^{n} - 1) \\ &= \dfrac{1}{2}(3^{n+1}-1) \end{aligned}\)
Donc \(P(n+1)\) est vraie. -
Conclusion :
D'après le principe de récurrence, on a : \(\forall n \in \mathbb{N}^{*}, \quad 1 + 3 + 3^{2} + \dots + 3^{n-1} = \dfrac{1}{2}(3^{n}-1)\).